Malgré les dires de nombreux néo-druides aucun texte digne de foi ne prouve l’existence de « druidesses » au sens ou nous l’entendons de nos jours. C’est-à-dire des femmes ayant le pouvoir de sacrifier aux dieux.
César, notre source la plus prolixe sur les druides de Gaule et de Bretagne, ne mentionne aucune « druidesse » dans ses commentaires. De même, les textes classiques d’avant ou d’après è.v. ne signalent que rarement des offices religieux tenus par des femmes ; les allusions à des femmes-druides sont encore plus rares.
Néanmoins, il existe un petit ensemble de textes antiques et de vestiges archéologiques qui suggèrent l’existence d’un clergé féminin chez les Gaulois et les Bretons à la fin de l’Age du Fer et à l’époque romaine.
Ces textes et vestiges nous informent au moins sur deux points. Le premier est que les femmes, auxiliaires des prêtres, avaient accès à diverses fonctions du sacerdoce. Le second est que même si nous n’avons aucune preuve qu’elles eussent été « druidesses », les femmes pouvaient cependant être magiciennes, poétesses et prophétesses.
Brigitte, fille d’Eochaid Ollathir est dite poétesse et « druidesse »
Dans la mort de Muirchertach, Sin, une jeune fille, transforme l’eau des cuves en vin et fait des porcs magiques avec des fougères. On dit que ce festin druidique est cause de la « faiblesse des Ulates ».
Les Prophétesses :
Un ensemble de textes gréco-romains, voire même irlandais nous informent sur l’activité prophétique des « druidesses » celtes.
« Dioclétien, m’a-t-il raconté, qui n’avait encore qu’un grade subalterne, se trouvait chez les Tongres, en Gaule, et séjournait dans une auberges. Il faisait un jour le compte de ses dépenses quotidiennes avec son hôtesse, une druidesse, qui lui dit : « Dioclétien, tu n’es qu’un avare ; même à l’économie, il ne faut pas d’excès. » Dioclétien lui répondit : « Je ferai les choses largement quand je serai empereur. » « Ne plaisante pas, tu seras empereur quand tu auras tué un sanglier ». » (Vopiscus chez Numérien)
« Une druidesse, sur son chemin [Alexandre], s’écria en langue gauloise : « va, mais n’espère pas la victoire et n’aie pas confiance en tes soldats ». » (Vie d’Alexandre Sévère)
« Dioclétien disait en effet qu’à un certains moment Aurélien avait consulté des druidesses gauloises, cherchant à savoir si l’empire resterait à ses descendants. Il dit qu’elles avait répondu : « Il n’y aura pas de nom plus illustre dans l’état que celui des descendants de Claude ». Il est donc bien vrai que le présent empereur Constance est de la même race et je pense que ses descendants parviendront à la gloire qui leur a été prédite par les druidesses. » (Vie d’Aurélien)
« Quand elle [Boudicca] eut fini de parler, elle procéda à une sorte de divination, laissant s’échapper un lièvre d’un pli de sa robe ; et comme il courut dans une direction qu’ils considéraient comme de bon augure, toute la multitude s’exclama de joie. » (Dion Cassius)
« L’île de Sena, située dans la mer Britannique, en face des Ossismes, est renommée par son oracle gaulois, dont les prêtresses, vouées à la virginité perpétuelle, sont au nombre de neuf. Elles sont appelées Gallicènes, et on leur attribue le pouvoir singulier de déchaîner les vents, de soulever les mers, de se métamorphoser en tels animaux que bon leur semble, de guérir des maux partout ailleurs regardés comme incurables, de connaître et de prédire l’avenir, faveurs qu’elles accordent néanmoins qu’à ceux qui viennent tout exprès dans leur île pour les consulter. » (Pomponius Mela)
« Dés qu’il arriva [Mogh Ruith] à Sidh Breachnatan, on lui souhaita la bienvenue ; il passa la nuit en ce lieu et demanda, du commencement à la fin, tout ce qui avait rapport à la guerre. Banbuana lui dit alors : « Mets-toi en marche demain de bonne heure, tu remporteras la victoire avec les gens du Munster ». » (Forbuis Droma Damhghaire)
« Puis, après que la bataille eut été gagnée et qu’on eut nettoyé les cadavres restés du massacre, la Morrigan, fille d’Ernmas, se mit à annoncer la bataille et la grande victoire qui avait été remportée… Elle prophétisa aussi la fin du monde, prédisant tout ce qu’il y aurait de mal, chaque maladie, chaque vengeance… » (Cath Maige Turedh)
« « Où sont les druides ? » dit la femme. « Ici », dirent-ils. « Trouvez ce que sont les deux sacs qui sont aux flancs de la vache, à savoir un sac de chaque côté ». « Par notre conscience », dirent-ils « nous ne le savons pas ». « Moi je le sais », dit-elle, « c’est une vache qui est venue ici pour sauver ce jeune homme innocent. C’est ainsi qu’il en sera fait : que la vache soit abattue, que son sang soit mêlé à la terre d’Irlande et aux portes de Tara, et que le garçon soit libre. » (Eugène O’Curry)
« Les Tenctères ainsi adoucis, des délégués furent envoyés avec des présents à Civilis et à Veleda ; ils terminèrent tout selon le désirs des Agrippiniens ; mais on ne leur accorda pas d’être admis en la présence de Veleda et de lui parler ; personne n’était autorisé à la voir : c’était le moyen d’inspirer plus de vénération pour elle. Elle vivait dans une tour élevée ; elle avait choisi un de ses proches pour porter les questions et les réponses comme messager de sa divinité. » (Tacite)
Toutes ces « druidesses », au même titre que la Pythie de Delphes, ne sont que des aruspices interprétant la volonté des dieux. Il est plus qu’improbable qu’elles aient pu exécuter un quelconque sacrifice. Nous le voyons d’ailleurs fort bien dans le texte de O’Curry. La Prophétesse demande aux druides d’abattre la vache, mais ne le fait pas elle-même.
Les Magiciennes ou « Sorcières » :
Globalement le sacerdoce est masculin chez les Indo-européen et donc chez les Celtes. Du point de vue traditionnel la magie est une science inférieure. Du point de vue doctrinal, elle s’oppose, et donc complète, la partie claire de la tradition représentée par le druide.
« Les chefs des Tùatha Dè Dànann furent rassemblés autour de Lug. Il demanda… « Et vous, ô Be Cuille et Dianann ? », dit Lug à ses deux sorcières, « de quel pouvoir disposerez-vous dans la bataille ? ». « Ce n’est pas difficile », dirent-elles : « nous enchanterons les arbres, les pierres et les mottes de terre, si bien qu’ils deviendront une troupe en armes contre eux et qu’ils les mettront en fuite avec horreurs et tourment. » (Cath Maige Turedh)
« Bodh, Macha et la Morrigan arrivèrent alors à la colline de la Prise des Otages, et à la colline de l’Avertissement des Armées à Tara. Elles envoyèrent des averses de magie druidique, des nuages denses de brouillard et de violentes pluies de feu, avec des chutes de sang tombant de l’air sur les têtes des guerriers. Elles ne permirent pas aux Fir Bolg, pendant trois jours et trois nuits, de se reposer ou d’être en paix. (Cath Muige Tuired Cunga)
« L’ennemi bordait le rivage : à travers ses bataillons épais et hérissés de fer, courraient, semblables aux Furies, des femmes échevelées, en vêtement lugubres, agitant des torches ardentes ; et des druides, rangés à l’entour, levaient les mains vers le ciel avec d’horribles prières » (Tacite)
Ces femmes sont des magiciennes vouant les Romains aux dieux infernaux, pendant que les druides s’adressent aux dieux célestes.
L’ensemble des actions relève de la magie guerrière avec deux orientations le ciel (mâle) et la terre (femelle), ou plutôt les dieux en-dessous de la terre.
« On donne en Gaule le nom de glastum à une plante semblable au plantain. Les femmes et les brus des Bretons s’en teignent tout le corps et paraissent nues dans certaines cérémonies religieuses, ressemblant par la couleur à des Ethiopiennes. » (Pline)
De même que les prêtresses de l’île de Mona, ces femmes Bretonnes, sont des sorcières. La nudité de leur corps est, dans l’optique traditionnelle, une sorte de retour à l’état primordial ; c’est l’abolition de la séparation entre l’Homme et le monde qui l’entoure, en fonction de quoi les énergies naturelles passent de l’un à l’autre sans écran ; d’ou la nudité rituelle de ces prêtresses, réceptives, dans ce cas, aux forces inférieures.
Certains témoignages archéologiques peuvent, d’une certaine manière et bien que le caractère druidique de ces pratiques ne soit pas démontré, être mis en relation avec « l’office religieux » suscité, comme par exemple la tablette en plomb, trouvée dans une tombe d’époque gallo-romaine sur le plateau du Larzac, portant une inscription, en gaulois, et qui rapporte un conflit entre deux groupes de magiciennes.
L’existence de « sorcières » en [Grande] Bretagne, en particulier dans le Dorset, est suggérée par plusieurs tombes de femmes âgées qui avaient été décapitées, leur tête placée sur les genoux, privée de la mâchoire inférieure. On imagine sans mal que ces manipulations servirent à empêcher ces sorcières de continuer à proférer de mauvais sorts depuis la tombe.
Donc, même si ces témoignages supposent des charges « religieuses » tenues par des femmes, il est très difficile d’évaluer le statut de celles-ci. De plus, l’évocation de charmes et de sortilèges sur la tablette du Larzac semble indiquer que ces femmes relevaient plus du monde des superstitions et de la sorcellerie que de celui d’une prêtrise officielle.
Les Femmes et le sacrifice humain :
Le Géographe Grecs Strabon associe ce « clergé » féminin à des rituels utilisant des sacrifices humains. Mais ces textes de part leur attachement à ce genre de sacrifice sont plus que suspect et, par conséquent, éveille la méfiance. Ils ne sont peut-être qu’une simple invention de l’auteur, soucieux d’embellir ses récits par de lugubres mascarades.
« Elles étaient grises parce qu’âgées, portaient des tuniques blanches recouvertes par des manteaux de lin le plus fin et des ceintures de bronze. Elles étaient pieds nus. Ces femmes pénétraient dans le camp l’épée à la main, se précipitaient sur les prisonniers, les couronnaient puis les conduisaient jusqu’à un chaudron de bronze … Une femme montait sur une marche et, se penchant au-dessus du chaudron, tranchait la gorge du prisonnier que l’on maintenait sur le bord du récipient. D’autres découpaient le corps et, après avoir examiné les entrailles, prédisaient la victoire à leurs concitoyens. » (Strabon)
Quand bien même, ces prêtresses seraient à ranger dans la catégorie des ueletes, c’est-à-dire des aruspices, exécutant un rite proprement guerrier qui consiste en la mise à mort des prisonniers de guerre, et à la lecture des augures dans les entrailles des victimes.
« Il dit aussi qu’il y a dans l’Océan une petite île, non loin dans la mer, située en face de l’embouchure du fleuve Loire. Ce sont des femmes Samnites qui l’habitent, elles sont possédées de Dionysos qu’elles apaisent par des cérémonies et des rites sacrés. Aucun homme ne pénètre dans l’île, ce sont les femmes qui font la traversée pour avoir des rapports avec les hommes et s’en retournent ensuite chez elles. Il y a une coutume selon laquelle elles doivent une fois par an démonter le toit du sanctuaire et le refaire le même jour avant le coucher du soleil, chaque femme portant son fardeau. Si l’une d’elles laisse choir sa charge, les autres la mettent en pièces, en portent les morceaux en tournant autour du temple, tout en poussant des cris, et ne s’arrêtant pas avant que ne cesse leur frénésie. Et toujours il arrive que l’une d’entre elles tombe et doive subir ce traitement. » (Strabon)
Ce texte, bien que haut en couleur, est fort suspect et ne démontrent en rien la qualité de sacrificatrice de ces femmes.
Ces femmes s’apparentent aux Ménades ou aux Bacchantes ainsi qu’on les nommait en Grèce. Ces Prêtresses sacrées de Dionysos, se rendaient délirantes par la boisson. Ivres, nues, elles se précipitaient à travers bois, se lançaient à l’assaut des collines et les dévalaient en poussant des cris aigus et en agitant des thyrses, verges emboutées de pomme de pin. Rien ne pouvait les arrêter. Elles mettaient en pièces les animaux sauvages qu’elles croisaient au passage et en dévoraient les lambeaux de chairs sanglantes. Elles chantaient :
« O, combien sont doux les chants et les danses sur la montagne et la course folle. O, combien il est doux de tomber, épuisée sur la terre, après que la chèvre sauvage a été pourchassée et rejointe. O, la joie de ce sang et de cette chair rouge et crue. »
Ces nymphes folles n’avaient pas de temples ; la nature inculte, les montagnes les plus sauvages, les forêts les plus profondes leur tenaient lieu de maisons. Elles préféraient sortir des cités poussiéreuses et surpeuplées ; elles retournaient à la pureté des montagnes inviolées et des forêts. Là, Dionysos les nourrissait et les abreuvait : d’herbes et de baies, et du lait des chèvres sauvages. Elles dormaient sur la mousse tendre, sous les branches couvertes d’épais feuillages, sur le sol, où d’année en année se déposaient des aiguilles de pin. Elles se réveillaient avec une sensation de paix et de fraîcheur célestes ; elles se baignaient dans un clair ruisseau. Il entrait beaucoup de beauté, de bonté et de liberté dans ce culte à ciel ouvert, dans cette joie extatique qui puisait à la source de la splendeur sauvage de la nature.
Elles faisaient aussi commerce de leur corps quand bien leurs en prenaient. Et pendant la nuit elles se mettaient en transe lors de danses frénétiques. Ivres de joie elles chantaient :
« Evohé, Evohé, Bacchus ! »
« Près des îles Cassitérides, il y a une série de petits îlots, où les femmes des Amnites, à l’opposé, c’est-à-dire en face, dans leurs transports, célèbrent selon le rite le culte de Dionysos, et c’est pendant la nuit, elles se couronnent des corymbes du lierre au noir feuillage, c’est-à-dire de branches de cet arbre avec leurs fruits en forme de grappes ; et le bruit des tambours et des cymbales qu’elles frappent retentit au loin. Nulle part, même dans la Thrace, sur les rives de l’Apsinthe, ni les Bistonides n’invoquent pas ainsi le frémissant Iraphiotés ; non, le long du Gange aux noirs tourbillons, les Indiens avec leurs enfants ne mènent pas la danse sacrée du frémissant Dionysos, avec l’ardeur que mettent en cette contrée les femmes des Amnites à chanter « Evohé Bacchos ! » c’est-à-dire l’hymne sacré de Dionysos. » (Denys le périégète)
Enseignantes et initiatrices :
Le seul passage où l’on entend parler de femmes enseignantes et initiatrices se trouve dans le Cycle d’Ulster. Plus précisément dans Macghnimhartha ou « les Enfances » de Cùchulainn quand celui-ci, après sa période d’Initiation à la vie héroïque, ou il tua le chien sauvage qui gardait le pays de Culann le forgeron et, de fait, reçu son nouveau nom Cùchulainn « le Chien de Culann », alors qu’il portait auparavant celui de Sedanta ; ou il reçu, sur les conseil du druide Cathbad, ses armes des mains du roi Conchobar ; ou il accomplit son premier exploit de guerrier en immolant les trois redoutables fils de Nechta Scéne ; ou il captura un grand cerf et prit une troupe de cygnes sans les blesser, part en pays Scott pour recevoir son Education dans l’art des armes et de la magie par Uatach et Scathach, les sorcières.
Après un an d’apprentissage auprès de Scathach et de Uatach, Cùchulainn va parfaire son éducation chez Aifé, qui lui apprend trois tours secrets dont le fameux gai bolga, le « javelot dans le sac ». Puis retourne de nouveau pendant une période d’un an auprès de Scathach avant de rentrer en Irlande.
Cette éducation guerrière est avant tout magique : c’est une affaire de sorcellerie. Voilà pourquoi celle-ci était assurée non pas par des hommes, des héros, mais par des sorcières, par des femmes qu’on qualifie souvent de « femmes guerrières ».
En plus de l’initiation guerrière et magique, ces femmes octroient aussi l’initiation sexuelle. Guerre et sexualité sont liées. L’initiation ne peut être complète et validé que s’il y a relation sexuelle entre la « Maîtresse » et l’élève.
Qui sont ces femmes exactement ? Non pas des « druidesses ». Mais des femmes consacrées, des femmes guerrières, des amantes sacrées, des sorcières et des magiciennes constituant une sorte de caste, très à part, très en dehors de la société. Il y a en effet divergence entre la femme qui donne la vie, et la guerrière qui l’enlève. Entre la femme qui reçoit et celle qui donne. Ces femmes sont, de part leur ambivalence, des êtres « maudits », des sorcières et des magiciennes.
Mais là encore pas de sacrifices. Seule une initiation érotico-guerrière et magique, donc rien de très religieux au sens propre du mot.
La place de la Femme dans le sacerdoce celtique :
Bien que la société celtique ait toujours réservé à la femme une place plus qu’honorable, nous n’avons jamais trouvé dans aucun texte irlandais la moindre mention de « druidesse » pratiquant le sacrifice, célébrant le moindre rite, ayant en charge l’enseignement ou assistant le roi. Par contre son côté poétesse et prophétesse est largement attesté.
Nous savons aussi que lors du banquet solennel de Tara, fes Temrach, les hommes et les femmes n’étaient pas dans la même pièce. Ce type de festin étant de nature sacrée, cela peut signifier qu’au niveau sacerdotal on ne « mixitait » pas.
« Un autre détail montre encore le caractère rituel du Fes Temrach : les femmes ne sont pas admises dans la Midchuarta « la salle du milieu », mais banquètent dans une salle spéciale, alors que dans les festins ordinaires elles mangent avec les hommes, mais assises à part et le visage souvent couvert d’un masque. » (Ogam n° 19)
Il est tout à fait compréhensible, même si certaines « néo-druidesses » ne veulent toujours pas l’admettre, que les femmes ne pouvaient sacrifier ni même pratiquer la médicine « sanglante », du fait de leurs cycles menstruels. Cette interdiction du sang sur le sang est la première des règles concernant la pureté rituelle.
Par contre elles avaient accès aux autres pratiques, c’est-à-dire la médecine par les simples, la divination, la vision prophétique, la magie, la musique, le chant, la danse et la poésie.
En résumé et bien que nous ignorons encore le nom porté par ces femmes, nous pouvons affirmer, qu’elles n’étaient en rien des « druidesses », qu’elles avaient accès à une partie seulement du sacerdoce et qu’elles exerçaient le côté bardique et surtout uatique voire « chamanique » de la tradition.
Les femmes n’étaient pas, à proprement parlée, exclues de la vie religieuse active, mais elles ne pouvaient pas occuper une fonction représentative générale. Elles pouvaient officier pour elles-mêmes et pour les autres femmes, mais non pour l’ensemble du peuple. Mais, rien n’empêchait une femme ou une jeune fille d’occuper une fonction d’assistante au cours d’un rite. Lors des exhortations, comme nous l’avons vu lors de l’attaque de l’Ile de Mona, elles étaient aux côtés des hommes. Bref, les rôles rituels des femmes variaient selon le contexte, et l’on ne peut pas véritablement dire que les femmes celtes, bien que ne pratiquant pas le sacrifice, étaient exclues du culte.
Le nom de la Femme au sein du sacerdoce :
Comme nous venons de le voir, pas de « druidesse ». Ce mot, féminin du mot francisé « druide » n’a aucune résonance traditionnelle. Tout comme le mot druuis nous allons chercher dans les langues et les textes celtiques le nom supposé de ces « religieuses ».
Nous pouvons à partir de dru-uids « druide » et du suffixe féminin -issa « -esse » recomposer le mot *Druuidissa « druidesse », mais cela ne serait que de la reconstitution.
Dans les récents textes Irlandais nous rencontrons fréquemment les termes ; ban-bard pour désigner une « Femme-barde », ban-file pour « Femme-poéte », ban-éces pour « Femme-sage » à ne pas confondre avec la sage-femme au sens d’accoucheuse, ou encore ban-drui pour « Femme-druide » ou littéralement « Femme-très-savante ». Le petit problème est que nous n’avons pas la quasi certitude que ces termes fussent usités par nos lointains prédécesseurs.
Malgré cette lacune linguistique et afin de se conformer à la tradition de nos Pères il importe aujourd’hui de ne pas ou plus désigner les représentantes du clergé féminin par le mot « druidesse », mais de leur donner une appellation en relation direct avec leur véritable fonction comme : Ueleta « voyante, visionnaire, prêtresse-devineresse, poétesse », Uraca « sorcière », Liddatia > Lissatia > Lissana « sorcière opérant avec l’écriture », Liciatia « sorcière opérant avec le licium » ou Senmata « musicienne ».
Nous pourrions aussi, dans une moindre mesure, calquer ces qualificatifs sur les expressions irlandaises et dire, Bena-druuis pour « Femme-druide », Bena-suuis pour « Femme-sage », etc.
Certes. Comme nous l’avons vu, les femmes ont eu une très grande place dans la société celte, mais aucun témoignage n’est venu accréditer la thèse de ces « druidesses ». Pour la simple et bonne raison qu’il n’y eu jamais de femme druide. Cette fonction n’existe pas chez les peuples Indo-européens. Elles sont éducatrices, peuvent donner des cours de religion domestique, de magie, de poésie, de chant, de stratégie aux hommes et aux femmes mais ne peuvent en aucun cas se prétendrent « druidesses » et conduire un sacrifice.
En conclusion, nous pouvons affirmer que les Prêtresses celtes, d’hier et d’aujourd’hui, sont avant tout des Sorcières (sans aucune connotation péjorative) formées en Contrebans Benians Noibans, Conventions de Femmes Saintes, associées au corps sacerdotal qui, lui, est essentiellement masculin.
Source : http://www.everyoneweb.fr/Croyance-Celtique-Orthodoxe/